PRESENTATION

André CARPIN est un artiste attiré dès son plus jeune âge par le dessin, la peinture et les arts plastiques. Il étudie tout naturellement à l’Ecole des Beaux-arts de Lyon et poursuit sa formation aux Beaux-arts de Paris avant de se tourner vers d’autres disciplines qui l’éloignent provisoirement du monde de l’Art.

L’artiste poursuivra d’abord une carrière dans l’informatique où il sera ingénieur sans jamais abandonner son tropisme pour l’Art et les Arts en général. Cette expérience professionnelle dans les nouvelles technologies sera un élément d’enrichissement qu’il réinvestira dans sa culture et sa pratique artistique.

A partir de 1998. L’artiste se consacre pleinement à sa passion première, son expérience et sa maturité lui permettront alors d’explorer sans cesse des univers nouveaux où il pourra exercer naturellement son sens inné de la création.

Dans son œuvre, éléments telluriques, fondateurs et sources de toutes mythologies, la terre et le feu croisent les éléments de la vie et de la source poétique : l’air et l’eau et se retrouvent comme un thème récurrent dans l’ensemble de ses créations. La réunion de ces quatre éléments inspire l’artiste : la terre, le feu, l’eau et l’air. Genèse de toutes créations, le champ de la poésie devient infini ; le pinceau de l’artiste comme le stylo de l’écrivain.

Et l’humain ? Source de son inspiration, La présence humaine  est omniprésente dans cette œuvre avec ces mises en scène où les forts volumes tantôt  humains tantôt végétaux fonctionnent  comme des « capteurs de vie »même quand ils ne sont pas visibles, l’humain est le créateur mais également le spectateur, l’œuvre ne vit que dans cette rencontre démiurgique où l’artiste nous convie dans un monde semi réel  où il sème ici et là, des indices, des points de repères pour un rendez-vous de transcendance où la rencontre entre l’auteur et le « spectateur –acteur » pose une grille de lecture, véritable stylistique de l’œuvre d’art.

La psychanalyse, la mythologie et ses symboles proposent une lecture polysémique de cette œuvre à la fois attachante et complexe, l’œuvre est parfois enveloppée d’une sorte de membrane. Quel est son rôle ? Placenta, cocon, chrysalide ou enveloppe charnelle qui protège et sépare à la fois le visible de l’invisible, ce qui est montré et ce qui est caché ? L’artiste nous parle d’une levée de rideau comme dans un théâtre mais également d’un mur, d’un filtre pour pénétrer dans un autre monde. Quête éternelle et inaccessible pour franchir le miroir et passer dans une autre dimension et nous y entrainer avec lui. Car la communication, les correspondances, le rapport entre les signes et les symboles les sujet omniprésents apparus chez l’artiste dès 1998 jusqu’à ce jour.

La porte comme un passage, un rite initiatique, un repère temporel ! La porte qui ouvre la demeure et l’accès à la connaissance…

L’artiste comme un virtuose joue de toutes les techniques : reliefs, matières, formes et couleurs interagissent  dans cette genèse exigeante qui peut paraitre déroutante, mais la sortie de route ou la sortie du cadre font aussi partie de l’œuvre. Certaines toiles sortent volontairement de l’espace graphique initial ou proposent comme chez Chagall un espace revisité et quelquefois flottant et sans limite.

Le matériau des toiles sur châssis est fabriqué à partir de pâte à papier et de durcisseur, ce qui donne la possibilité d’avoir des reliefs et des densités de matière. Car la matière est bien l’élément essentiel de cette œuvre. Matérialisation de l’idée qui fait l’œuvre d’art.

L’artiste utilise tous les médiums pour aller au bout de son sujet  comme un combattant fourbit toutes ses armes pour se préparer à la lutte, huile et acrylique mais aussi ajouts d’objets usuels, anamorphoses et trompes l’œil, jeux  de perspectives, ambiances tamisées ou violentes. La palette est vive, large, diversifiée, la lumière savante.  Sauvage et violente, souvent charnelle, l’élaboration de la forme et la force de la matière peuvent  le rapprocher de l’Art brut et d’un expressionnisme exacerbé.

Cet artiste sans concession aux modes ou à la facilité s’inscrit dans la lignée des grands dont il a intégré les travaux pour nous proposer une écriture singulière, une grammaire des formes, des signes particulièrement signifiante qui ne peut laisser indifférent tant elle pose avec une forte expression les grandes questions de notre condition humaine.

Alain Bozetti  11/2020